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Jean-Christophe Spinosi dirigeait ce jeudi 6 mars l'Orchestre du Capitole dans un programme contrasté. La première partie était constituée de la symphonie n°82, "l'Ours" de Haydn et la seconde de pièces de Rossini faisant alterner les ouvertures avec des airs chantés par la mezzo Vivica Genaux.
C'est un Jean-Christophe Spinosi sautillant qui ouvre le premier mouvement de la symphonie n°83 de Haydn. Balayant l'air de sa baguette comme un peintre tient son couteau ou comme un boulanger malaxant sa pâte, voire comme un pazzaïolo faisant tourner sa pizza. L'énergie ne passe visiblement pas aux instrumentistes, concentrés mais peu impliqués dans cette symphonie.
Le deuxième mouvement voit l'atmosphère se réchauffer et le troisième laisse la finesse de l'orchestre s'exprimer. Le quatrième, brillant, revient à la beauté formelle du premier.
Une mezzo née en Alaska portant un prénom sorti de Barbarella qui chante du Rossini. Où est l'erreur ? Sûrement pas dans cette allure de sirène brune qui fit frémir à son entrée toute l'assistance masculine de la halle aux grains.
La cavatine de La pietra del paragon ouvrait cette partie vocale, introduite par l'ouverture de l'oeuvre. Jean-Christophe Spinosi donnait non sans humour, la réplique à la cantatrice qui montra une facilité et une aisance du plus bel effet. L'ouverture de La pie voleuse fut assez inégale, flirtant avec le "bruit". Le "Cruda sorte" de l'Italienne à Alger remet Vivica Genaux en scène. Le timbre est chaud, bien projeté ce qui permet à cette petite, mais très agile, voix de passer l'orchestre pourtant quelquefois un peu trop loquace.
Le "Per lui che adoro" suivant captive la salle entière par des nuances de très belles couleurs.
L'ouverture de L'occasione fa il ladro est vite expèdiée pour laisser place à la cerise sur le gâteau ammenée par un long et délicieux solo de flûte de Claude Bourichou, "Una voce poco fa" du Barbier de Séville.
Vivica Genaux nous donne une leçon de Bel canto malgré un vibrato "fabriqué" qui flirte quelque fois avec la "pédale wawa".
En bis fut donner un air extrait de Alcina de Haendel.
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